Comment renforcer la qualité du sperme

Un régime riche en fruits à coque peut soutenir la fertilité masculine, à condition de l'inscrire dans une alimentation équilibrée plutôt que de miser sur un aliment miracle isolé.

L'étude FERTINUTS, menée par l'Universitat Rovira i Virgili (Reus, Espagne) et publiée dans l'American Journal of Clinical Nutrition (PubMed ID 30475967, essai enregistré ISRCTN12857940), a mesuré un effet positif de l'ajout de noix à l'alimentation sur plusieurs paramètres du sperme. Selon l'Inserm, un couple sur quatre en France rencontre des difficultés à concevoir, et un couple sur huit consulte à ce sujet ; l'origine de l'infertilité est masculine, féminine ou mixte dans environ trois quarts des cas, le reste restant non attribuable à un partenaire précis. Les chercheurs ont réparti 119 hommes sains en deux groupes : le premier a ajouté 60 g de noix, noisettes et amandes par jour à son alimentation habituelle, le second n'a rien changé.

L'essai a duré 14 semaines. Les résultats obtenus par le groupe « noix » se sont révélés nettement meilleurs que leurs valeurs de départ, avec des gains mesurés sur quatre paramètres reconnus par l'OMS comme indicateurs de qualité spermatique :

  • vitalité : +4%
  • motilité : +6%
  • numération (quantité) : +16%
  • morphologie : +1%
Booster la fertilité masculine

Ces quatre paramètres sont directement liés à la fertilité masculine. Les auteurs de l'étude rattachent l'amélioration à une réduction de la fragmentation de l'ADN spermatique, elle-même favorisée par les apports en oméga-3, antioxydants et folates présents dans les fruits à coque.

Une méta-analyse australienne plus récente (Monash University, 2023, 646 hommes) confirme un effet positif sur la motilité, la vitalité et la morphologie chez les hommes consommant au moins 60 g de noix par jour, mais ne retrouve pas d'effet sur la concentration spermatique - une nuance utile pour ne pas confondre les deux études lorsqu'on cite des chiffres.

Ces résultats restent une piste parmi d'autres, pas un substitut à un avis médical. Avant de modifier significativement votre alimentation, en particulier si votre spermogramme est déjà altéré, parlez-en à votre médecin. D'autres leviers, étayés par la littérature sur la fertilité masculine, peuvent être combinés :

  • pratiquer une activité physique régulière pour soutenir un niveau de testostérone sain
  • garder un poids de forme et limiter les aliments ultra-transformés et les sucres raffinés
  • couvrir ses besoins quotidiens en vitamine C, zinc et sélénium
  • envisager, avec un avis médical, une supplémentation en coenzyme Q10, vitamine D ou L-carnitine, dont plusieurs études rapportent un effet favorable sur la mobilité et l'intégrité des spermatozoïdes
  • réduire le stress chronique
  • arrêter le tabac et limiter la consommation d'alcool
  • privilégier un modèle alimentaire de type méditerranéen (fruits, légumes, poissons gras, fruits à coque, huile d'olive) plutôt qu'un aliment isolé

Associer plusieurs de ces ajustements en même temps donne souvent de meilleurs résultats qu'un seul changement isolé, à condition de les discuter au préalable avec votre médecin. L'amélioration de la qualité et de la quantité des spermatozoïdes prend du temps : un cycle complet de spermatogenèse dure environ trois mois, ce qui explique pourquoi les effets d'un changement de mode de vie ne sont mesurables qu'après plusieurs semaines de suivi régulier.

Si vous essayez de concevoir sans succès depuis 12 mois (ou 6 mois lorsque la partenaire a plus de 35 ans), un spermogramme reste la façon la plus fiable de savoir où vous en êtes, plutôt que de se fier à des impressions.

Les auteurs de l'étude FERTINUTS rappellent une limite importante : les participants étaient en bonne santé et apparemment fertiles au départ, de sorte qu'on ignore si les mêmes résultats s'appliquent aux hommes ayant déjà des troubles de fertilité diagnostiqués. Dans l'attente de données plus larges, les mesures de bon sens - arrêter de fumer, limiter l'alcool, manger sainement - restent recommandées par les médecins à l'ensemble de leurs patients, indépendamment de tout projet de conception.